Numérisation des archives

  • Aigues-Vives : une utilisation conviviale des arènes pour le bal communal Collection de cartes postales Jean-François de Congénies
  • Aigues Vives : les « arènes » et leurs tonneaux de protections Collection de cartes postales Jean-François de Congénies
  • Carte des activités agricoles taxées en baie d’Aigues-Mortes en 1685 collection départementale
  • Registre de notaire de Vauvert. Enregistrement des marques à feux d’un manadier en 1474 collection départementale
La pratique des jeux autour du taureau de Camargue recouvre la totalité des communes du Pays Vidourle Camargue. C’est un patrimoine culturel immatériel identitaire, les jeux taurins représentent un poids économique non négligeable et un élément de lien social intergénérationnel avéré.

Acteurs du paysage, de la qualité environnementale, de l’économie touristique, le taureau et le cheval font depuis longtemps partie du quotidien des hommes. La base des jeux repose sur leur existence endémique.
Indomptables, les taureaux refusent l’étable comme le joug et vivent en liberté dans les prés et les marais.
Leur fumure est utile à l’agriculture, ils entretiennent le marais et son gibier en se nourrissant de roseaux et montent l’hiver pâturer dans la zone sèche.
Les jeux sont nés de cette transhumance.
Abrivado, bandido, course à la cocarde dans les cours, les prés et les mas, juchés sur des charettes ou des tonneaux, sur des chevaux ou courant avec eux, les hommes sont devenus leurs compagnons de jeux au fil des siècles.

La pratique de l'élevage en manade est connue par les archives dès le moyen-âge.
Les manadiers accueillent aujourd’hui le visiteur, communiquent sur leur passion du taureau et la pratique de ces jeux. Ces derniers sont maintenant codifiés et se déroulent pour partie en villages ou en arènes adaptées à la « course  camarguaise », ou « course à la cocarde » aujourd’hui régie par la FFCC depuis les années 1970 pour des raisons de sécurité.

Cependant, vu de l’extérieur, l’image de ces pratiques est brouillée par celle de la corrida qui s’est développée sur le même territoire à la fin du XIXe s., car il y avait des arènes romaines en capacité d’accueillir cette pratique espagnole amenée par l’impératrice Eugénie, femme de Napoléon III, en 1850.
Dans les jeux camarguais, on ne tue pas les taureaux. Ils meurent au pré de vieillesse. Le taureau joueur et combattif par nature, s’amuse autant que l’homme. Les grands « cocardiers » ont droit à une tombe dans leur manade et sont enterrés debout en cérémonie.

Cette confusion menace aujourd’hui l’existence même des jeux, à la fois pour des raisons d’éthique mais aussi pour des raisons pratiques d’urbanisme, les jeux taurins camarguais nécessitant le maintien d’arènes de village et de parcours en ville sans obstacles type ralentisseurs, zig-zag de sécurité, panneaux ou éléments de réseau. Ces aménagements sont nécessités par la brutale augmentation de population depuis les années 1990 qui a vu certains villages quintupler.

Afin d’asseoir l’authenticité de ce patrimoine local et de promouvoir sa pratique, notamment les pratiques hors arènes, il a semblé important d’en sauvegarder les archives par une numérisation des fonds existants à la fois aux archives départementales mais aussi chez des collectionneurs privés.
Cinq siècles d’archives ont ainsi pu être sauvegardés et traités, dont des trésors comme la collection de M. Jean François de Congénies, aujourd’hui décédé ou le manuscrit Vigne d’Aigues-Mortes découvert lors de cette opération.

La Mission patrimoine à travaillé en partenariat scientifique avec la cellule du patrimoine ethnologique de la DRAC Languedoc-Roussillon et l’aide précieuse de Mme Lise Careterro, archiviste  départementale honoraire, spécialiste du fond taurin. Le ministère de la Culture a cofinancé cette numérisation avec le Pays et les fonds LEADER.