Une brochette de temples inscrits aux monuments historiques !

  • Le temple de Beauvoisin PVC
Grâce à l’inventaire du patrimoine réalisé par le Pays Vidourle Camargue, quatre temples protestants viennent d’être inscrits Monuments Historiques par la DRAC sur le territoire du Pays, dont trois sur le canton de Vauvert.

Patrimoine protestant en Petite Camargue, un patrimoine majeur
« L'inventaire réalisé par la mission Patrimoine du Pays Vidourle Camargue, a permis de mettre en évidence l'exceptionnel patrimoine protestant local. Il fait partie des sept thématiques originales identitaires proposées comme axe majeur de valorisation dans le cadre de la stratégie territoriale du patrimoine validée en comité syndical du Pays le 17 novembre 2008, explique Jean Denat, président du Pays et conseiller général du canton de Vauvert ».

La quadruple procédure d'inscription au titre des Monuments Historiques instruite par le service des Monuments Historiques de la DRAC du Languedoc Roussillon autour des temples construits par Charles Durand, fait écho à la valorisation de cette thématique. Il va permettre un apport non négligeable de subventions pour les communes concernées. Les « phares touristiques » que sont les bâtiments inscrits vont permettre d'attirer un flux touristique jusque là réservé aux Cévennes et à d'autres départements de France. Comme les labels de prestige, le classement Monuments Historiques augmente les flux et donc génère des retombées économiques supplémentaires.

Depuis le 30 janvier 2012, 4 temples du Sud Gard sont classés IMH : Quissac, Vauvert, Beauvoisin et Bernis qui s'ajoutent à Salinelles déjà inscrit IMH le 11 07 1991.

Ils viennent s'ajouter aux autres temples du département : Anduze (MH), La Calmette (IMH), Monteils (IMH), Moussac (IMH), Nîmes Grand Temple (IMH), Nîmes Petit Temple (IMH).


Incidence sur le tourisme départemental
Ceci porte à 11 le nombre de temples classés (MH) ou inscrits (IMH) dans le département, qui fait du Gard le 2ème département pour le patrimoine protestant derrière l'Alsace (Bas-Rhin) et devant la Drôme et la Charente-Maritime.

Trois temples classés dans le même canton de Vauvert, Vauvert, Beauvoisin, Bernis, tous inscrits MH en janvier 2012. Ce qui est exceptionnel en France.
Quatre dans le Pays Vidourle Camargue : Vauvert, Beauvoisin, Salinelles, Quissac.

Les Cévennes en comptent 4 (Monteils, Anduze, Moussac et la Calmette) et Nîmes, 2.
Parmi ces 11 classements, 4 concernent d'anciennes églises transformées en temple. Les 2 de Nîmes, Moussac et Monteils.
Les 7 autres sont de véritables créations architecturales pour le culte réformé.


Incidence sur la Petite Camargue et la Vaunage

Les temples de Durand
Grand architecte nîmois du début du XIXème siècle, on doit à Charles Durand 4 temples en Petite Camargue dont 3 inscrits MH ainsi que le temple de Quissac.
Il a construit Vauvert et Beauvoisin, semi-circulaires, celui de Quissac avec son frontispice à colonnes ainsi que celui de Saint Laurent d'Aigouze qui n'est pas encore classé, mais situé sur le Pays.

Les temples au Livre : unique sur le littoral méditerranéen
Construits sous Louis Philippe principalement, ces petits temples ruraux ont la particularité de présenter une bible ouverte sculptée en façade, symbole de liberté de culte, propre à la monarchie constitutionnelle préfigurant la république laïque qui a parfois rajouté la mention République Française sous le Livre comme au Cailar ou à Cannes et Clairan. Peu nombreux en France, principalement sur la façade atlantique, beaucoup n'ont pas survécu aux guerres du XXème siècle.
Il y en a 10 au Pays : Vauvert (petit temple), Le Cailar, Aimargues, Codognan, Villevieille, Sommières, Fontanès, Aspères, Saint Théodorit, Cannes et Clairan. L'exemple est unique sur le littoral méditerranéen.
Le seul cimetière quaker conservé de France se trouve dans le Gard et sur le Pays Vidourle Camrgue, à Congénies.
On peut ajouter de nombreux tombeaux protestants disséminés dans la garrigue ou dans les centres anciens des villages, (Vergèze, Montmirat, Crespian), et d'autres temples non classés mais tout aussi intéressants sur le plan architectural comme Aubais, Calvisson, Junas, Mus ou Gallargues.
Enfin, l'unique président de la République protestant de France est né dans le Pays à Aigues-Vives et a légué sa maison natale à la mairie avec tout son mobilier. Elle fait l'objet d'un label et d'une mise en ouverture au public.

Positionnement national
Conséquences de ce classement, le Gard devient le deuxième département de France présentant le plus de patrimoine protestant inscrits MH après le Bas-Rhin.
En France : 117 sites classés (incluant les 4 derniers gardois)

Quelques chiffres :
Bas Rhin : 32 sites classés dont 24 anciennes églises devenues temples, 7 temples originaux et 1 chapelle à sépulture.
Gard : 11 sites classés dont 7 temples originaux et 4 anciennes églises devenues temples.
Drôme : 8 dont 4 anciennes églises devenues temples.
Charente-Maritime : 6
Deux-Sèvres : 6

Les autres sites sont répartis sur l'ensemble du territoire.
Grâce à ce quadruple classement de temple, le Gard et plus particulièrement la Petite Camargue se placent en tête des territoires les plus riches de France en patrimoine protestant. Il constitue un potentiel d'attractivité déjà exploité de longue date par d'autres régions pourtant moins bien fournies. Il y a matière à décliner de nombreux parcours en zone de plaine.
Le développement économique et touristique local peut donc profiter de nouveaux flux (tourisme culturel d'Europe du Nord ou nord Américain) importants en arrière saison. Ce flux très spécifique représentait avant la création du label « Drôme provençale » l'unique flux touristique de la Drôme qui a fait vivre le département de longues années.
Le maintien de temples ouverts au culte et servant aussi d'espaces culturels pour des animations laïques comme cela se pratique dans le Gard est un plus dans la dynamique de valorisation.

Un patrimoine identitaire à décliner
La Petite Camargue et la Vaunage ont la plus grande concentration d'édifices protestants du département. Et la deuxième de France. Elles présentent cependant un déficit identitaire en tant que « terre de protestantisme » vecteur utilisé par les Cévennes et les pays charentais.
Il conviendrait donc de développer la valorisation de ce patrimoine par une déclinaison de supports, flyers, carto-guides, signalétique, mettre en place une communication appropriée qui ne pourra qu'accroitre un flux touristique riche en culture et en diversité et pouvant apporter une alternative non négligeable à l'économie touristique d'arrière saison.